.
Langue étrangère
"l’histoire survenue dimanche
après-midi dans une résidence hôtelière de Bordeaux est peu banale. Alors
qu’une cliente de l’établissement se repose dans sa chambre, un inconnu pousse
la porte et se jette sur elle pour, semble-t-il, lui imposer une relation. Mais
la femme, une avocate new-yorkaise de 53 ans, se débat et quand l’homme
l’embrasse, elle lui mord la langue (*1) avec une telle force que l’organe est
coupé net (*2) [...] l’agresseur a pris la fuite. [...]
Il est donc environ 15 h 30 quand l’individu surgit [...]
L’avocate américaine [...] s’apprête à boucler ses
valises après un séjour de plus d’un mois où elle est venue se perfectionner en
français (*3) [...] Conduite à la permanence
judiciaire du commissariat central, la victime est auditionnée avec l’aide d’un
interprète (*4)"
Commentaires
de JH sur un article de Jean-Michel Desplos
paru dans le journal Sud-Ouest du 29/10/2002 :
(*1) elle n’avait pas bien déjeuné à Bordeaux ?
(*2) quelle fougue ! curieuse
façon d’embrasser.
(*3) elle est venue se perfectionner en
français ? ou en langue.
(*4) si la victime a eu besoin d’un interprète, c’est
qu’elle n’avait pas fait beaucoup de progrès en langue
Épilogue : le bout de langue a été
récupéré ; l’agresseur a été retrouvé à l’hôpital. La greffe de la langue
est pratiquement irréalisable. Avis aux amateurs de belles américaines.
Epilogue :
Nordine Mouloud Hamadi
avait du mal à se faire entendre, hier, devant le tribunal correctionnel de
Bordeaux où il était jugé pour une attaque sexuelle perpétrée en 2002 dans une
chambre de l'hôtel Victoria, sur la personne d'Irène Brunstein,une
avocate américaine alors en voyage dans la capitale girondine. L'huissier a dû
brancher un micro afin que la présidente, des deux assesseurs, le procureur et
la greffière puissent entendre ses explications correctement. Il faut dire que
ce jeune homme de 29 ans, domicilié à Orléans où il travaille dans la
restauration, souffre d'un handicap assez inhabituel depuis le jour de cette
agression puisque la victime qu'il avait embrassée sur la bouche, de force, lui
a sectionné la langue avec les dents. Le 25 septembre 2002, Nordine
Mouloud Hamadi s'était rendu pour la première fois de
sa vie à Bordeaux. Après avoir assisté à un match de football, il avait raté le
train du retour vers Orléans lorsqu'il a croisé le chemin de l'avocate
new-yorkaise. Il a été subjugué par son allure et a décidé de la suivre. Au
moment où la victime refermait la porte de sa chambre d'hôtel, le jeune homme,
qui avait consommé de l'alcool et fumé de la résine de cannabis, s'est
précipité sur elle et l'a jetée sur le lit. Il a alors imposé des gestes déplacés
à la victime ainsi qu'un baiser qu'il devait amèrement regretter par la suite.
Prison avec sursis. En l'absence de la victime, restée aux Etats-Unis, la
représentante du parquet, Mme Hoflack a requis une
peine de prison avec sursis assortie d'une obligation de soins. « Il est assez
inhabituel de voir une avocate priver son adversaire du droit à la parole »
a-t-elle déclaré ironiquement, soulignant que le casier judiciaire du prévenu
était vierge.
L'avocat de la défense, Me Landete, a reconnu que Mme Brunstein
avait dû avoir très peur, mais il a demandé au tribunal d'être indulgent au
regard de « la punition à vie » dont a écopé le prévenu qui est resté
hospitalisé durant un mois et demi après les faits sans qu'aucune greffe de la
langue ne soit possible, selon les médecins.
« Les conséquences de cette affaire
sont d'une lourdeur inimaginable pour mon client et sa situation ne doit faire
rire personne » a plaidé Me Landete. « Un travail
d'intérêt général me semble adapté à son cas »
Après en avoir délibéré le
tribunal, présidé par Mme Gayssot, a finalement
condamné Nordine Mouloud Hamadi
qui jusqu'alors était placé sous contrôle judiciaire, à dix mois de prison avec
sursis assortis d'une obligation de se soigner.
Christine
Morice ( Sud-Ouest
du 7 mai 2004)

borabor © 3/2002 - webmaster : Jean Hiroupetagoyena