Christian cétois borabor christian cétois hiroupetagoyena christian cétois borabor

La petite Thaïlandaise.

 

[Cette nouvelle de  Christian Cétois  a obtenu le 1er prix adulte du 3ème salon du livre de Sainte-Hélène]

 

L'horreur de la mort n'est qu'un sentiment confus qui n'ébranle l'âme que pour la conservation d'un corps tellement opposé à notre bonheur.

Malebranche

 

Lorsqu’elle le vit franchir le seuil de la zone de  débarquement, Oôn sut immédiatement que celui-ci, ce serait le bon ; le parfait pigeon ! Dans son allure, tout indiquait son appartenance à une classe relativement aisée de la société française. Grand, la quarantaine grisonnante, vêtu d’un tee-shirt Quicksilver et d’un bermuda Oxbow, il traînait à son bras un gros sac à roulettes en cuir noir et semblait hésiter pour prendre une quelconque décision.

 

Elle s’approcha de lui et, dans un parfait français, l’aborda :

-        Bonjour, vous paraissez indécis, puis-je vous être d’une quelconque utilité ? 

-        Bien sûr, mais je suis surpris et ravi, dès mon arrivée à Bangkok, je ne m’attendais pas à trouver si facilement quelqu’un qui parle français. J’ai réservé une chambre au  "Tarntawan Place Hotel" et je ne suis pas sûr d’arriver à me faire comprendre par un chauffeur de taxi.

 

Oôn eut par ces paroles la confirmation de la justesse de ses supputations. Situé près de Patpong, le quartier chaud de Bangkok, le "Tarntawan Place Hotel" était l’un des plus chic de la ville et sa clientèle fortunée alimentait à foison les tiroirs caisses des "Go-go bars" et salons de massage environnants. Elle pensa que ce n’était pas par hasard que ce touriste avait choisi ce lieu d’hébergement.

-        Si vous le désirez, je peux vous y conduire, je discuterai le prix du taxi et porterai vos bagages.

-        Je vous remercie, mais je peux m’occuper moi-même de mon sac et, avant de vous répondre, je souhaiterais connaître le montant de votre prestation.

 

La jeune Thaïlandaise fit mine de se fâcher et fronçant les sourcils, sur un ton acerbe elle lui répondit : « En ce qui concerne la conduite à votre hôtel, ma prestation est gratuite. Je fais cela uniquement pour le plaisir d’accompagner un touriste français et de perfectionner ma maîtrise d’une langue que j’aime particulièrement.

-        Ecoutez, je ne voulais pas vous vexer, mais on m’a dit de me méfier, qu’en Thaïlande tout se paye, alors excusez-moi. Je vous remercie d’avoir la gentillesse de m’accompagner.
Je m’appelle Pierre. Et il lui tendit la main.

-        Oôn ! » Dit-elle en la lui serrant. « Bienvenue en Thaïlande ! »

 

Lorsqu’ils franchirent les portes de l’aéroport, il sembla à Pierre que du plomb fondu se déversait sur eux ! Hors climatisation, la chaleur étouffante de cette région du Monde lui parut insupportable. S’approchant d’un taxi, une vieille Mercedes que son propriétaire baptisait pompeusement " limousine ", et ventait la climatisation, son accompagnatrice négocia âprement le coût du trajet et l’obtint pour 450 Bats ; pour prix de départ de 800.

 

Enchanté par l’efficacité d’Oôn, Pierre était bien évidemment curieux d’en savoir plus sur son énigmatique guide et, dès qu’ils furent dans la voiture, il l’assaillit de questions : « Où avez-vous appris à parler si bien le Français ?

-        À Bangkok, j’ai fait des études secondaires et en troisième langue, par amour pour Voltaire et Victor Hugo, j’ai pris cette option. J’ai ensuite côtoyé un maximum de touristes français.

-        Quel âge avez-vous ? Vous paraissez si jeune !

-        22 ans ! Mais, vous savez, je suis entièrement autonome.

-        Et que faites-vous comme profession ?

-        Rien, je suis encore étudiante et je prépare un doctorat pour travailler dans la recherche génétique.

 

Oôn avait menti ! Car, comme beaucoup de jeunes Thaïlandaises, elle pratiquait la prostitution et le tourisme sexuel était une manne lucrative qui n’était pas près de se tarir. Bien sûr, elle avait fait des études, où elle avait excellé, mais très vite, dès ses dix-sept ans, son physique avenant joint à une plastique irréprochable, l’avait conduite à travailler dans des salons de massage où les gérants ne lui rétrocédaient que des miettes d’argent durement gagné - en copulant avec des occidentaux - souvent répugnants, vieux et adipeux ! Alors, avec pugnacité, elle avait décidé de travailler en indépendante, ce qui avait, pour multiples avantages, de ne devoir rendre de compte à personne, de ne pas partager ses gains et de pouvoir choisir ses clients. Et aujourd’hui, Pierre était un de ceux-là.

-        Et de quoi vivez-vous ?

Elle se tourna vers lui et, ironiquement, une lueur de défi dans le regard, le fixant effrontément, lui répondit : « Pour payer mes études, je perçois quelques maigres aides de l’état et pour le reste, je compte sur la générosité des touristes.

-        Mais je ne comprends pas, vous m’avez assuré que votre prestation ne coûtait rien !

-        Pour vous conduire à votre hôtel, c’est gratuit, mais si vous désirez que je couche avec vous, je souhaiterais une contribution. Et si vous êtes satisfait de ma compagnie, je resterai avec vous le temps qu’il vous plaira. Vous savez, les Thaïlandaises ont la réputation d’être les meilleures  amantes du Monde et, n’en déplaise à ma modestie, dans ce domaine, je pense être parmi les plus douées.

 

Bien que désappointé par tant d’aplomb,  Pierre, était ravi.  évidemment, comme la plupart des occidentaux célibataires, il était venu en Thaïlande pour profiter sans réserve des bienfaits du tourisme sexuel et de la réputation incontestable dont bénéficiaient les filles de ce paradis du vice.

Il observa avec plus d’attention sa nouvelle compagne ; elle était magnifique ! Déjà, à l’aéroport, il avait été frappé par la finesse de sa taille, la courbe parfaite de ses hanches et la forme juvénile de sa poitrine, que la fine robe de soie peinait à dissimuler. Plus tard, sur le tarmac, lorsqu’elle se pencha pour discuter avec le conducteur du taxi, ce fut la vue de la cambrure presque excessive de ses reins qui, en accentuant outrageusement la rondeur de sa croupe, lui donna le vertige, et ajouta quelques gouttes de sueur sur son front ruisselant. Ensuite, sur la banquette arrière du taxi, ce fut devant l’extraordinaire pureté de son visage qu’il s’extasia. Il n’avait jamais rencontré une personne totalisant autant d’excellences.

 

Oôn était effectivement d’une beauté sans pareille ! De la plante de ses pieds à l’extrême pointe de ses cheveux, il était impossible de déceler la plus infime imperfection. Mais ce que ne savait pas Pierre, c’est qu’elle possédait la beauté du diable ! Splendide à l’extérieur, mais pourrie à l’intérieur ! À l’instar d’un bon tiers des prostituées thaïlandaises, Oôn était porteuse du virus du SIDA !

 

Elle se souvenait encore de sa perplexité, le jour où sa sœur avait insisté pour la pousser à subir un test et de son angoisse, vingt-quatre heures après, lorsque le cruel verdict lui parvint ! La maladie n’était pas déclarée, mais elle était irrémédiablement séropositive et dangereusement contagieuse. À compter de ce jour, elle éprouva une haine farouche envers ces immondes touristes qui, doublant le prix de la passe, excluaient l’utilisation des préservatifs. Elle eut le même ressentiment pour les proxénètes, qui encourageaient cette pratique.

Aujourd’hui, elle était indépendante, mais, étant atteinte, le port d’une protection lui paraissait bien dérisoire.

 

Une nouvelle question de Pierre lui permit de s’évader de ses sombres pensées : « Et que me coûtera le plaisir de voyager en votre compagnie ?

-        L’amour, cher Pierre, et je vous aime déjà ! n’est pas chiffrable ! Vous n’aurez qu’à écouter votre bon cœur. Pour ma part, je n’ai aucun tarif. Sachez seulement, que la nuit, je serai sexuellement à votre entière disposition, je me prêterai à vos plus perverses demandes ! Le jour, je vous guiderai et vous éviterai les traquenards, en contre partie, vous me nourrirez et me logerez. Ensuite, mais uniquement si vous êtes satisfait de mes services, vous m’octroierez quelques dédommagements ; en euros, en dollars ou en bijoux. Sachez aussi me séduire, car rien ne m’oblige à rester avec vous. 

-        Marché conclu, dit-il en lui tendant la main.

Oôn ignora la dextre et se saisissant de sa nuque, se pencha pour l’embrasser sensuellement sur les lèvres.

 

 

Dès leur installation dans la luxueuse chambre du "Tarntawan Place Hotel", Pierre voulut tester les capacités libertines de sa compagne et sitôt une douche prise en sa compagnie, il put constater que les prétentions de la belle étaient parfaitement fondées. Oôn était une parfaite poupée d’amour, et, dans son jeu voluptueux, tout incitait à la jouissance la plus extrême. Elle pratiquait la sexualité avec une douceur et une patience qui n’avait d’égal qu’une technique ancestrale des plus raffinée ; où son sculptural corps d’adolescente jouait malicieusement de ses moindres frémissements. Il irradiait d’elle une telle sensualité que son partenaire se sentit investi d’une force indéfectible qui leur permit de faire intensivement l’amour durant de nombreuses heures.  Jamais Pierre, pourtant séducteur chevronné, n’avait ressenti une jouissance aussi intense, une telle complicité des corps, un tel partage du plaisir ! Lorsque, vaincu, épuisé et émerveillé, il s’endormit, le soleil matinal pointait déjà au travers du mince rideau de soie.

 

Au cours de leurs joutes amoureuses, elle lui avait proposé un préservatif qu’elle avait suggéré de placer d’une façon dont beaucoup d’hommes fantasment. Cela avait fait rire Pierre et, gentiment, il avait refusé l’offre.

-        Le SIDA ne peut rien contre moi, un jour peut-être je te dirai pourquoi. Quant à toi, n’ai aucune crainte, juste avant de partir, j’ai passé un test et je suis exempt de toutes traces. J’ai un document qui l’atteste dans mon passeport.

-        Mais, qu’est-ce qui te fait penser que moi, je suis saine ?

-        Tu es bien trop belle pour qu’une telle saloperie s’installe dans ton sang. Tu pratiques l’amour avec une dévotion quasi religieuse, tu transcendes le sexe et Dieu ne peut pas désapprouver cela !

Elle ne répondit rien à cela, et plus jamais, ils ne parlèrent de préservatif.

 

 

Ils ne se quittèrent plus et Pierre sentit monter en lui une passion qu’il ne maîtrisait pas. Son admiration était sans limite et dès qu’Oôn disparaissait de son regard, il était envahi d’une angoisse irraisonnée. Pourtant, loin de se sentir prisonnier de cet amour, il se trouvait libre, prodigieusement libre ! Libre d’aimer sans retenue, de jouir sans craindre et de profiter pleinement de la vie sans culpabiliser. Cette vie qui justement lui avait joué un si mauvais tour ; mais cela il ne pouvait pas encore en parler à Oôn.

 

Oôn, aussi était sous le charme ! Par sa gentillesse, sa tendresse et sa technique amoureuse, Pierre l’avait envoûtée. Elle en oubliait tout son passé ! La prostitution, la maladie et les touristes allemands obèses qui lui faisaient subir leurs pires déviances. Elle en oublia même la raison de sa rencontre avec Pierre ! Pour la première fois de son existence ! Elle était amoureuse ! Sans se poser la moindre question, elle prenait la vie à bras le corps. Cette vie qui justement lui avait joué un si mauvais tour ; mais de cela, elle ne voulait pas encore en parler à Pierre.

 

 

Ensemble, ils quittèrent Bangkok. Deux heures d’avion plus tard ils se retrouvèrent à Krabi où ils prirent un bateau pour Kho Phi Phi, la perle incontestée de la mer d’Andaman.

Là, on put les voir se tenant par la main et s’étreignant sans cesse, tels deux amoureux pour qui le Monde n’existe que pour eux.

Les sens exacerbés, ils firent l’amour chaque fois que le lieu leur permit. Et c’est ainsi que les crabes de "Loh Moon Dee", les poissons pierres de "Maya Beach" et les papillons dorés de "Wiew-Point", purent admirer leurs corps nus, emmêlés dans un maelström charnel où leurs complaintes de plaisir couvrirent, l’espace d’une jouissance, le sempiternel ronronnement des "longue-queue".

 

 

Ce fut en ce matin du premier jour de leur deuxième semaine de bonheur, que les aléas de la vie les rattrapèrent. Malgré l’heure tardive, Pierre éprouva de sérieuses difficultés à se lever.

 Une fatigue implacable s’était emparée de lui et, les jambes en coton, en dépit de l’aide d’une Oôn inquiète, il eut toutes les peines du Monde à se rendre au buffet où, pourtant, un copieux breakfast les attendait.

-        Que t’arrive-t-il ? Demanda-t-elle, envahie par une angoisse irraisonnée.

Il la regarda avec tendresse, mais dans son regard, quelque chose de fondamental avait disparu : la joie de vivre !

-        J’ai vécu dans un magnifique rêve, mais je viens d’être rejoint par la réalité ! » Lui répondit-il. « Je crois que le moment est venu de te dire la vérité. »

-        Quelle vérité ?  Tu m’as donc menti quelque part ?

-        Non, mais tu vas savoir pourquoi le Sida ne me fait pas peur ! Je suis déjà condamné… J’ai une leucémie et j’ai atteint la phase terminale ; ma mort est programmée. C’est pour cela que je suis venu en Thaïlande. Pour jouir pleinement de mes derniers instants.

 

À ces paroles, la jeune Thaïlandaise, pâlit et sans préambule le gifla violemment, puis s’écroulant à ses pieds, se mit à sangloter. Ensuite, ce fut sur un ton haineux, la voix tremblante, qu’elle reprit : « Salaud ! Tu n’avais pas le droit de me tromper ! Tu n’avais pas le droit de me rendre heureuse ! Tu n’avais pas le droit de me donner l’espoir ! Tu n’as pas le droit de m’abandonner ! Pas après m’avoir fait découvrir l’amour ! »

-        Cela ne dépend pas de moi ! » Dit-il au bord des larmes. « Rien ne s’est passé comme je l’avais prévu. Je m’étais habitué à l’idée de mourir et ta rencontre a bouleversé ma sérénité. Crois-tu qu’après les moments extraordinaires que nous avons vécus, j’ai envie de te quitter ?
De quitter la vie !

-        Mon existence était ce qu’elle était, pas reluisante certes, mais je l’avais acceptée, maintenant, il m’est impossible de revenir en arrière. Lorsqu’on a navigué sur les quarantièmes rugissants, on s’emmerde sur les lacs ; plus jamais je ne consentirai à vivre l’amour avec banalité. Si tu me quittes, je pars avec toi !

-        Mais mon amour, tu ne m’as pas compris ! Je ne pars pas ! Je meurs !

-        Alors, je meurs avec toi ! Nous voyagerons ensemble dans l’au-delà !

-        Tu es folle ! Tu es jeune, tu as devant toi toute une vie où vraisemblablement le bonheur t’attend. Je t’en supplie vis ! Pour l’amour de Dieu, existe !

-        Dieu n’a rien à voir avec ça. Un Créateur qui accepte la misère de milliards de braves gens n’a que faire de la survie d’une misérable putain du royaume de Siam.

-        Alors fais-le pour moi ! Au nom de notre amour !

-        Notre amour partira avec nous. Sache que moi non plus, je ne t’ai pas tout dit… Je suis porteuse de l’HIV et le jour où la maladie se déclarera, je n’aurai aucun espoir de guérison et beaucoup de souffrance en perspective. Dans mon pays, la tri-thérapie est bien trop coûteuse pour qu’on l’utilise. De plus, quel peut être mon avenir dans une région du Monde comptant tant de pauvreté, dès que je ne serai plus comestible, tous se désintéresseront de moi et je me retrouverai à faire la manche au milieu des mendiants et des lépreux. Sans toi, l’avenir me fait peur ! Bien plus que la mort !

-        Je te laisserai assez d’argent pour que tu puisses te faire soigner en Europe.

-        On ne guérit pas du SIDA et je n’ai pas envie de mourir abandonnée dans un lit d’hôpital ! Pierre écoute-moi, avec toi j’ai connu un amour inimaginable, désormais rien de plus beau, d’aussi parfait, ayant cette force, ne peut m’arriver ! Je n’aurais jamais cru qu’un tel bonheur existe… Souviens-toi de nos étreintes, lorsque,  terrassés par le plaisir extrême, nous répétions « C’est tellement beau, que l’on devrait mourir après ! » Alors dis-toi que l’heure est venue de mourir, car c’était immensément beau ! Et pour moi infiniment plus que tout ce qu’il t’est possible d’imaginer.

 

 

Les rares plagistes qui se prélassaient ce matin là sur le sable couleur farine ne sont pas prêts d’oublier les évènements dont ils furent témoins. Au sommet du gigantesque rocher qui surplombe la paradisiaque crique de Kho Phi Phi, ils virent deux silhouettes enlacées. Ceux qui possédaient des jumelles auront pu constater qu’il s’agissait d’un homme de grande taille et d’une fille gracile, qu’ils étaient nus et que leurs gestes étaient sans équivoque : ils faisaient l’amour. La jeune femme, était accrochée à la nuque de son amant, et encerclait de ses cuisses son corps musclé ; lui, la soutenant par les fesses, rythmait la cadence de leur union avec une telle passion qu’un observateur attentif aurait pu se demander si leur vie n’en dépendait pas ! Bien qu’elle fut légère, en s’approchant du bord de la falaise, l’homme chancela plusieurs fois, puis s’immobilisant, il l’embrassa longuement.

 

Et ce fut ainsi, ne faisant qu’un, scellés par leurs chairs les plus intimes, qu’en poussant un cri déchirant qui sembla durer une éternité, ils se jetèrent dans le vide ! Dans un ultime orgasme où ils virent défiler tout leur bonheur, le présent et le calcaire gris des falaises tourmentées de la mer d’Andaman.

 

 

Occidentaux en goguette, gros vicelards en quête de plaisir bon marché, rangez vos pitoyables ustensiles, et méditez sur la cruelle Histoire d’Oôn la putain. Et surtout, n’oubliez pas que même aujourd’hui, en dépit des ravages du SIDA,  les petites putes thaïlandaises peuvent encore mourir d’amour !

 

Cette nouvelle de Christian Cétois a obtenu le 1er prix adulte du 3ème salon du livre de Sainte-Hélène.

 

 

en savoir plus sur cet auteur

 

 

Liens : chez Maya  ~  Médoc-Pratique

WiKiPéDiA, L’encyclopédie Libre  ~  FranceSurf

 

 

 

 

accueil  ~  écrire  ~  recherche

borabor © 3/2002 - webmaster : Jean Hiroupetagoyena