le
travail
Le travail éloigne de nous trois
grands maux : l'ennui, le vice et le besoin.
Voltaire
Il existe un certain
« partage » du travail en France. Le « partage du travail »
actuel, c’est d’un côté 4 millions de chômeurs qui font zéro heure de
travail par semaine, et de l’autre côté 20 millions de gens qui
travaillent 40, 45 ou 50 heures par semaine. Il y a donc déjà un certain
« partage » du travail. On l’oublie, il n’a jamais été décidé,
débattu mais il existe ! Seulement, le « partage » actuel est
tout à fait injuste et binaire : ou bien vous ne travaillez pas du tout,
ou bien vous travaillez « plein pot ». Voilà, aujourd’hui, le partage
du travail « à la française ».
[...]
Au début de ce
siècle, tout le monde travaillait 7 jours sur 7, souvent
12 heures par jour soit 84 heures par semaine. En un siècle, on est
passé de 84 heures à 40 heures. Comme l’affirme Jacques Rigaudiat,
« nous travaillons tous à mi-temps par rapport à nos aïeux ».
[...]
Les leaders
d’opinion, les journalistes, les cadres, les intellectuels, les politiques ont
souvent un travail passionnant et ne font pas toujours la différence entre leur
travail et leur vie personnelle. Ils continuent souvent le week-end à réfléchir
à leur travail. Mais la situation est très différente pour un grand nombre de
salariés. Quand vous passez 8 heures par jour dans un abattoir à couper
l’aile gauche du poulet, avec des centaines de poulets qui défilent toutes les
heures, à faire seulement, à chaque fois, le même geste ; quand vous êtes
camionneur, et que vous faites 10 heures par jour, soit en conduite, soit
en attente chez les clients ; quand vous travaillez dans une compagnie
d’assurances et faites tous les jours les mêmes règlements de sinistres, avec
tous les jours des clients furieux de ne pas être remboursés assez vite, vous aspirez sans doute davantage
à travailler moins que certains professions passionnantes. Dans certains
métiers, il y a peu de place pour l’intelligence créatrice. Dans ces
conditions, travailler moins, obtenir un espace nouveau pour faire autre chose
ou vivre autrement constitue sans doute un vrai progrès social. Pierre Larrouturou (35
heures le double piège°
M. Marcellin [Ministre
de l’Industrie en 1966] ... démontrera que pendant les 10 ou 15 dernières
années ces Forges [d’Hennebont, dans le Morbihan] ont, pour conserver leur
emploi à 1800 ouvriers, englouti autant de crédits qu’il eût été suffisant pour
créer en Bretagne 18.000 emplois nouveau – ce qui aurait quand même été
beaucoup plus utile pour tous. Robert Chatel (un fils de Bayard)
Le travail est l'opium
du peuple et je ne veux pas mourir drogué. Boris Vian
Travailler dur n'a
jamais tué personne, mais pourquoi prendre le risque?
Edgar Bergen
L’ouvrier est habile et rapide. Rémunéré à la pièce, il gagne bien
sa vie. Pour réparer cette injustice, on décide de le payer à l’heure.
Anne Gallois (Aguigui Mouna)
Le travail, c’est le refuge des gens qui n’ont rien de mieux à faire. Oscar
Wilde
"Comme on
faisait semblant de me payer, je faisais semblant de travailler"
un ouvrier de
l’ex-RDA
Ce n'est pas au pied du
mur qu'on voit le maçon... c'est en haut.
Serge (les chaussettes
russes)
Sommes-nous plus
heureux ? Je le crois. Pas pour les maisons, les châteaux, le fric, mais parce que
nous avons gagné le pari du travail, cette bataille qui plus que toute autre
tient au coeur de l'homme. Gérard
Oury
Celui qui n’a pas
d’emploi reconnu d’une certaine façon n’existe pas ; on ne demande pas
« qui es-tu , » à quelqu’un que l’on rencontre pour la première fois,
on lui demande ce qu’il fait.
Philippe Guilhaume
(lettre ouverte à tous les Français...)
Je ne serai chassé de
la Télévision que cinq mois plus tard. Renvoi décidé, d'ailleurs, par des
hommes qui, lorsqu'ils voient que je ne suis pas tout à fait mort de faim à
cause d'eux, me parlent avec des larmes dans la voix du bon vieux temps et de
l'ingratitude d'un régime qui les a, parait-il, mis, depuis, sur une voie de
garage. François
Chalais (les chocolats de l'entr'acte)
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