les touristes

 

Je croise deux caravanes de touristes ; tout droit descendus d'un de ces cars Pullman. Ils sont cornaqués par des guides habiles qui les conduisent à l'endroit où il FAUT faire les trois ou quatre photos réglementaires, puis chez le marchand qui leur consent la plus forte ristourne et qui, comme toujours, est celui qui vend hors de prix les objets les plus consternants...
[...]
Les touristes veulent tout de même s'offrir un petit frisson en dehors de leur hôtel climatisé car, sans forêt, sans Indiens, leur voyage serait manqué ! Et comme Iquito n'a plus que le tourisme pour survivre, on leur propose une tournée d'un jour en bateau "au coeur de l'Amazonie", disent les panneaux publicitaires. Le bateau va tourner trois fois au même endroit, puis, après le déjeuner, le guide fera sa sieste. Enfin réveillé, il "montrera", comme des ours ou des singes, quelques... Indiens "folklo", qui se débarrassent à quatre heures de leurs vêtements pour revêtir, pendant une demi-heure, le costume de leurs ancêtres, le temps pour les touristes de prendre quelques photos...
Yves Courrière (l'homme qui court)  (1977)


Un touriste à un autre touriste :
"Vous devriez aller voir ça. C'est formidable. C'est peut-être ce que nous avons vu de plus beau aujourd'hui !
- J'irais bien, mais je n'ai pas mon appareil avec moi..."
Et il resta.
Pierre Daninos (les Touristocrates)

On se monte la tête avec les voyages et puis, au bout du compte, on finit toujours par regretter son chez soi. Exbrayat


Le port de plaisance est un lieu conçu pour que les navigateurs qui ne prennent pas la mer puissent rencontrer des vacanciers qui n'ont pas de bateau. Philippe Bouvard


L’Europe à la fin des années 50 et dans les années 60 n’était pas encore quadrillée de voyagistes à l’affût des moindres attractions touristiques pour y mener, comme naguère on menait les bêtes domestiques à l’abreuvoir, à la traite ou à l’abattoir, de patients troupeaux d’humains. L’été, elle n’était pas encore terre de parcours pour des hordes d’adolescents haillonneux, la chevelure retenue par un bandeau de forçat, un sac supermultipoches au dos, tandis que, mi-gênés mi-hilares, les trente-cinq ans, d’un coup d’aile, gagnent, pour n’en guère plus bouger, les « villages » et hôtels très aménagés du Club Med et assimilés et que se calfeutrent dans leur propriété, des « ça m’suffit » aux demeures et châteaux, les plus de cinquante ans.
Annie Kriegel (Ce que j’ai cru comprendre)


les citadins


 

 

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