la poLitique
Il semblerait que le préservatif soit un très bon emblème
politique.
Il jugule l'inflation, il permet quand
même l'expansion, il limite la surproduction
et il offre une impression de sécurité satisfaisante. Coluche
Il [Richard Nixon] souriait
trop pour une circonstance aussi peu réjouissante [obsèques]. Son regard se
déplaçait sans cesse, sans se fixer jamais que quelqu’un en particulier. John
Allen avait hérité de son père l’habitude de regarder son interlocuteur droit
dans les yeux. Le regard du président évitait toujours le sien et se détournait
dès qu’ils se croisaient. Son manque de sincérité était encore aggravé par le
maquillage qu’il portait pour cacher sa barbe dure en prévision des caméras de
télévision qui allaient entrer. Les Vann n’avaient
jamais vu d’homme maquillé, sauf au théâtre, et étaient surpris d’être reçus à
la Maison-Blanche par un président à la figure couverte de fard. La famille eut
l’impression d’assister à une représentation théâtrale, où la mort de Vann fournissait à Richard Nixon le prétexte d’une
opération de relations publiques où il jouerait le principal rôle en décernant
une médaille à un héros national. Neil Sheehan
(l’innocence perdue)
Je suis content. Je ne perds
plus l’essentiel de mon temps. Je ne suis plus obligé d’écouter des conneries
en souriant.
Philippe Séguin, en retrait de la vie politique (Libération 22/04/2003)
A l’échelle historique, ce
n’est ni la droite, ni la gauche, ni tel ou tel parti qui fera progresser la
France, c’est l’action successive des uns et des autres. Voilà ce qu’il faut
garder en mémoire.
De Gaulle a créé nos institutions, Mitterrand les a fait vivre ; les
socialistes ont posé des normes de progrès social, la droite leur a donné un
contenu grâce au progrès économique, et ainsi de suite. L’un poursuivant le
travail de son prédécesseur, le successeur corrigeant les erreurs de son
devancier, la France avance. Ainsi se fera l’histoire, aussi longtemps que les
forces démocratiques seront au pouvoir dans ce pays.
Voilà ce que l’esprit partisan ne peut admettre.
François de Closets (La Grande Manip)
La tête dans les nuages, les
leaders politiques discourent sur de grands thèmes nobles, mais ils nous
cachent leurs pieds qui pataugent dans la boue
Michel Polac (Mes dossiers sont les vôtres)
Sur certains sujets
difficiles, c’est le plus petit dénominateur commun qui l’emporte. Pour
sauvegarder la cohésion d’un parti, on choisit le consensus mou. Il manque un
souffle et surtout une capacité de rupture. [...]
Pourquoi les hommes
politiques nous adressent-ils tellement de papiers avant d’être élus et
n’ont-ils rien à nous dire une fois que nous leur avons confié le
pouvoir ? Pierre Larrouturou (35 heures le
double piège)
Les maires, qui ne disposent que de six années, ont depuis
longtemps appris le bon usage de la continuité : ils commencent par
imposer les mesures impopulaires, lancer les grands chantiers, accroître les
impôts locaux, puis, à l’approche des échéances, le futur candidat à sa propre
succession ceint l’écharpe tricolore et empoigne ses grands ciseaux pour
tailler les taxes et couper les rubans. De cadeaux en inaugurations, il est
assuré de la reconduction de son bail à l’hôtel de ville.
François de Closets (La Grande Manip)
Chaque petit maire essaie
d’exister à travers des réalisations pas toujours opportunes comme chaque ministre
de l’Education nationale tente d’imprimer sa marque par des réformes pas
toujours nécessaires.
Philippe Bouvard (Contribuables, mes frères)
Je ne me suis jamais
intéressé ni de près ni de loin à la politique. Je n’en éprouve ni honte ni
fierté. Ce n’était pour moi qu’un paquet d’embrouilles et de prévarications.
Depuis que je travaille avec Doumé au service des
intérêts supérieurs de la Patrie, j’ai pu vérifier sur place que la réalité
était encore plus nauséeuse que dans mon imagination. Seul mon sens national
chatouilleux me retient de vous révéler toutes les vilenies que j’ai fait lever
sous mes pas. Vous risqueriez d’y laisser tout ou partie de votre sens civique.
J’en suis même venu à me demander si la seule raison pour laquelle le fonctionnement
de l’Etat continuait tant bien que mal d’être assuré ne venait pas précisément
de la multiplicité des tentatives de désorganisation. Les coups fourrés se
tramaient tous azimuts et finissaient par s’annuler les uns les autres.
Ce qui assurait aux affaires publiques un équilibre fragile, mais suffisant.
Yvan Audouard (Un homme à nous)
Faire de la politique ? Il
ne se sent aucune disposition pour les campagnes électorales. Les coups de
gueule, les coups de poing, les coup fourrés. A
d’autres ! Jean Descola (Ô Espagne)
En politique, les gens se
rencontrent, les gens se tutoient, mais ils se poignardent. Cela n’a rien
détonnant. Il faut en prendre on parti.
Raymond Barre
Il reste pratiquement
impossible de distinguer nettement les politiciens qui servent l’intérêt
général des politiciens qui se servent de l’intérêt général.
Maurice HORGUES (la tête des nôtres)
Le monde politique ne
bouscule pas les hiérarchies sociales. Combien de députés d'origine vraiment ouvrière,
même dans les partis qui s'en réclament ? Au syndicat, on peut plus facilement
bousculer l'ordre des choses : il faut venir de la base pour être crédible
quand on parle en son nom. Dans les partis, à de rares exceptions, c'est
toujours chacun à sa place : ceux qui ont la parole sont ceux qui l'ont
toujours eue. Bernard Deleplace (Une vie de flic)
Je n'ai jamais adhéré à un
parti quelconque, parce que j'ai des raisonnements contradictoires, que je
remets sans cesse tout en question, et que je ne tolère pas l'intolérance.
Yves Montant (le chant d'un homme) R. Cannavo H.Quiquere
L'homme politique peut
s'adapter à la plupart des situations. Il ne porte pas en lui une véritable
politique, mais seulement une technique. Il doit pouvoir comprendre tous les
problèmes et, dans tous les cas, trouver une solution. Le personnage historique
est, en quelque sorte, spécialisé. Il est porteur d'une idée-force qui limite
son champ visuel et focalise son énergie. Au lieu de se plier aux faits, il
leur applique sa détermination pour les faire plier.
François de Closets (la France et ses mensonges)
La politique est une friture de mauvaises graisses dont les
médias font leur beurre. François Ceresa (les amis
de Céleste)
Quiconque est touché par la gloire devient un imposteur. [...]
C’est le cas, plus généralement des hommes politiques, car, même si, au départ,
leur idéal était pur et leurs buts désintéressés, la conquête du pouvoir puis, s’il y a lieu, l’exercice du pouvoir en
ont fatalement fait des imposteurs : on ne peut séduire la foule, ni la
gouverner, sans mensonge.
François Cavanna (dieu, mozart, le pen et les autres | 1992)
La France souffre
d’amnistie ! Un mal récurrent qui s’apparente à son quasi-homonyme,
l’amnésie, puisqu’il provoque un effacement des fautes, des délits et des
amendes. Magnanime, l’État oublie, passe l’éponge, nettoie les consciences
automobiles. Il en est ainsi tous les sept ans. Certains crient au scandale,
mais beaucoup attendent fièrement ce "pardon républicain", sans
vouloir admettre que l’amnistie présidentielle est la honte de la République,
parce qu’elle célèbre le fait du prince et relève plutôt des usages de l’Ancien
Régime. Notre République est-elle à ce point exceptionnelle qu’elle puisse
périodiquement s’ériger en zone de non-droit dans
laquelle la justice, la police, la morale, la civilité, le respect des autres
ne seraient que de méprisables empêcheurs de danser en rond ? [...]
Franck De Bondt (Une prime à l’incivilité / Sud-Ouest
du 9/7/2002)
L’ambition
de tout rêve est d’autant plus facile et coupable qu’elle est réalisée avec
l’argent des autres. Roland Beix
Entrer dans le grand jeu démocrate, me donner à un parti, aliéner
ma liberté de jugement, faire semblant de croire à une idéologie de façade dont
les profits se comptent dans les arrière-boutiques de Wall
Street, taire mes indignations, simuler
l’enthousiasme pour des causes douteuses et surtout câliner, flatter, mignoter,
abreuver de promesses impossibles à tenir ces atomes épars et naïfs du peuple
souverain qui tentent de faire croire aux autres que l’urne est un tabernacle
et le suffrage universel la manifestation laïque et populaire de l’Esprit-Saint ? Je laisse ceux qui en ont l’ambition,
le courage, le tempérament, s’occuper des affaires politiques. Pour ma part, je
me tiens à l’écart. J’ai eu parfois assez de difficultés à me gouverner
moi-même pour ne pas m’arroger le droit de gouverner les autres.
Maurice Denuzière (les Trois-Chênes)
C’est dans l’épreuve que l’on connaît ses vrais amis ; c’est
dans l’erreur qu’un parti reconnaît ses vrais militants, ceux qui n’adhérent
pas en fonction des hommes, de la politique, des circonstances, mais s’attachent
à la structure elle-même. Une fois pour toutes. François de Closets (La Grande Manip)
La moitié
des hommes politiques sont bons à rien. Les autres sont prêts à tout. Coluche.
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