l’informatique

La
technique n’est pas inerte, elle agit sur le milieu et le transforme. En
réalité, les machines comme les bureaucraties finissent toujours par créer leur
propre raison d’être. Au départ, elles ne servent à rien et sont utilisées pour
la seule raison qu’elles existent. Deux ans plus tard, plus personne ne peu se
passer d’elles, quand bien même elles ne résolvent pas l’essentiel que les
problèmes qu’elles ont créés.
[...]
[dans les années 1970] Les
informaticiens, détenteurs du nouveau savoir, sont des personnages importants.
Ils sont attentivement écoutés par une direction qui fait de la salle des
ordinateurs son pré carré. Impossible de recevoir quiconque au siège social
sans proposer une visite des installations informatiques. Spectacle présumé
époustouflant, l’équivalent d’une visite aux cuisines dans un restaurant trois
étoiles. Les entreprises ont élaboré sur la base de ces nouvelles techniques un
mode d’organisation, une façon d’être spécifiques. Les informaticiens, seuls à
connaître les secrets du culte, détiennent ce pouvoir d’influence reconnu aux
grands prêtres dans les théocraties. François de Closets (l’imposture informatique)
L’ordinateur est un appareil stupide et nuisible. Il
sait tout faire, il répond aux questions les plus saugrenues et son
intelligence est égale à celle du programmeur qui l’alimente. Tous les
programmeurs sont-ils intelligents ? La question m’angoisse. Jean Amadou (Il était une mauvaise foi)
Des centres informatiques sont édifiés et développés
pour entretenir des structures à la raison d’être contestable, et non pour
satisfaire des besoins indiscutables. Car la triple alliance qui lie les
fabricants et les SSII à la recherche du profit, les informaticiens défendant
leur pré carré contre les nouveaux appareils et les technocrates et sociétés
d’audit avides de pouvoir, impose des solutions qui ne se justifient qu’au
regard de leurs propres intérêts.
[...]
On nous promet des machines conviviales :
l’utilisation en est si malaisée qu’il faut l’enseigner dès l’école ! Les
défauts de conception en ralentissent l’accès et la manipulation, d’où la
présence du fameux sablier qui nous invite à prendre notre mal en patience. La
prolifération des programmes superflus et non harmonisés rend incertain le
fonctionnement du PC. Les souris se plantent sans raison, l’ordinateur
« gèle » et adresse des messages d’avertissement sibyllins tels
que : « attention, le programme va être interrompu par suite d’un incident ».
Bruno Lussato
(l’imposture informatique)
Un couple de seniors discute un soir de l’euthanasie.
Le mari demande à son épouse : « si un jour, tu me vois dans un état
végétatif, dépendant du liquide d’une bouteille et relié à des appareils,
débranche tout, et laisse-moi mourir ! »
Alors, la femme se lève, débranche ordinateur et télé et jette dans
l’évier la bière de son mari.
borabor
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