
Au volant, je suis un danger public.
Avez-vous déjà entendu ce genre de confession ?
Non, bien sûr car chacun a une haute estime de lui-même et
s’imagine qu’il conduit et se conduit très bien sur la route et ailleurs.
Dernièrement, j’écoutais poliment un papy qui n’avait jamais
d’accident, qui se plaignait des limitations de vitesses, qui se vantait de
régler le limiteur de sa grosse cylindrée à 10% de plus que la vitesse autorisée,
etc…
Lui, au moins, il était fier de lui. Il est plus fort que les
autres et il croit qu’il conduit mieux que les autres. Je le vois très bien
s’arranger pour que la Prévention routière lui décerne une médaille qui va
rejoindre celles qu’il a obtenues au Travail ou dans le Maintien de l’ordre en
Algérie.
Pourquoi est-ce que je m’accuse d’être un danger public ?
Parce que mon dernier accident remonte à 1974 (c’était un
accrochage en ville, sans blessé, ni mort).
Quand j’y pense, je suis conscient que chaque jour qui passe me
rapproche de mon prochain accident. C’est logique. Je suis donc, au volant, un
danger public.
Jean Hiroupetagoyena 05/2009
Un automobiliste
contrôlé hier matin à 205 km/h
[...] Hier vers 11 heures,
alors qu'ils effectuaient un contrôle sur la route départementale 106 (qui
relie Bordeaux au Cap-Ferret), au lieu dit Le Las, à l'endroit même où, le 14
août dernier, s'est produit un accident mortel, les gendarmes ont enregistré
une vitesse de 205 kilomètres-heure alors que celle-ci était limitée à 110. Le
conducteur, un Girondin de 26 ans, était à bord d'une Volkswagen de type Golf
TDI. Il a été interpellé et son permis de conduire lui a été immédiatement
retiré pour une durée de six mois par le sous-préfet de Bordeaux. Il devra
également comparaître devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Le
chauffard avait déjà été condamné pour excès de vitesse il y a plusieurs
années. Cette infraction d'une gravité exceptionnelle illustre, hélas, la recrudescence des excès de vitesse constatée
depuis plusieurs mois aussi bien par les gendarmes que par les policiers.
Journal Sud-Ouestdu 12/09/2002
(Fabien Pont)
Nous conduisons bien, nous conduisons même très bien. Je n’ai
jamais entendu au hasard des conversations, un de mes compatriotes avouer qu’il
était un conducteur moyen... je n’ai pas dit "mauvais", mais
seulement moyen. Il reconnaîtra tout : qu’il est nul en peinture, en
musique, qu’il ne comprend rien aux mathématiques ou à la politique ; il
avouera toutes les faiblesses, toutes les inaptitudes – sauf pour ce qui
concerne le volant.
Jean Amadou (Il était
une mauvaise foi)

décoratif, non ? le conducteur n’avait pas vu le rond-point
(agglomération d’Eysines – Gironde – le 3 juillet 2003)
ORLÉANS. Il roulait à 200 km/h sur l’A10 et a causé la mort
de deux personnes. [...]
Carbonisés. Peu après minuit, juste après le péage d’ Orléans-Nord,
dans le sens province-Paris, un agent d’assurances,
qui roulait à environ 200 km/heure à bord d’une BMW, buvait de l’eau en
conduisant. Circulant sur la voie médiane de l’autoroute, il venait de dépasser
une fourgonnette de gendarmerie quand il a violemment percuté par l’arrière une
autre voiture dans laquelle circulaient un couple et leur enfant. Les deux
voitures ont basculé dans le fossé mais la voiture des victimes a pris feu. La
mère [...], 26 ans, et son petit garçon de 4 ans [...]
sont morts carbonisés. [...]. Selon un gendarme, le chauffard, sorti
indemne de l’accident, n’était pas particulièrement troublé de ce qui venait de
se produire : "Certaines personnes sont choquées quand elles
apprennent qu’elles viennent de causer la mort de deux personnes, mais ce
n’était pas son cas." Ajoutant : "Il nous a indiqué qu’il avait
été surpris de voir ce véhicule en relevant la tête, car il était en train de
boire de l’eau."
Détecteur de radars. Le conducteur de la BMW n’avait cependant pas bu
que de l’eau puisque son alcoolémie était de 0,56 gramme par litre de
sang. [...] Dans sa voiture, les gendarmes ont trouvé un
détecteur de radars. Son avocat a mis l’accident sur le compte de la fatigue.
"Ce n’est pas un voyou, un marginal de la route, c’est un cadre supérieur
qui travaille beaucoup et qui fait 50 000 kilomètres par
an." Journal Sud-Ouest du 20/09/2002
C'est commode d'avoir une
voiture, mais il trouve ridicules ces hommes pour qui la voiture compte plus
qu'un être vivant et qui ont pour une carrosserie de tôle peinte des
ménagements qu'ils n'ont pas pour les personnes avec lesquelles ils vivent. Jean-Louis BORY (Le Pied)
Un conducteur dangereux, c’est celui qui vous dépasse malgré tous
vos efforts pour l’en empêcher. Woody
Allen
Les Parisiens n’arrêtent plus de ronchonner, et surtout, ils semblent avoir
perdu leur fameuse gouaille. Même à Bercy, ça ne s’engueule plus entre
bagnoles, où autrefois on n’arrêtait pas d’entendre des "connards,
péquenots, va te faire foutre !" Aujourd’hui il n’y a plus rien, tout
le monde a la radio dans sa voiture, et fonce plein pot, les vitres fermées. Olivier
de Kersauzon (Mémoires salées)
ALCOOL
Contrôlé deux fois positif
Dimanche dernier, un
automobiliste de 44 ans, originaire du Blayais, est contrôlé par les
gendarmes à Marans (Charente-Maritime). Le résultat su test est éloquent :
2,5 g d’alcool dans le sang. Mais le "meilleur" est à venir. Le
lendemain, suite à un accident de la route à Saint-Hippolyte, l’automobiliste
est à nouveau contrôlé et cette fois-ci son taux d’alcoolémie frise les
3,5 g ! Le Girondin a été condamné à six mois de prison ferme et à
une annulation de son permis de conduire. Il a été immédiatement écroué à la
maison d’arrêt de Rochefort.
Journal Sud-Ouest du 25/09/2002
Les accidents d’auto, voilà le sujet de prédilection des Français.
Il ne s’est guère passé de jours sans que , d’une
façon ou d’une autre, on ne m’en fasse le récit. Au début, je n’y voyais qu’un
sujet routinier, coutumier, comme on parle du temps. Mais bien vite, à force
d’entendre tant de récits circonstanciés, d’observer les expressions, les voix,
le ton qui change brusquement dès qu’on arrive aux choses graves (la voix
baisse, se fait plus sourde, avec des poses ou des arrêts avant de dire :
eh bien, monsieur, vous me croirez si vous voulez, ils sont morts tous les
quatre !) je me dis que, dans la tragi-comédie de notre vie actuelle, les
accidents d’auto sont l’équivalent moderne du destin dans les tragédies
grecques. Subits, imprévisibles, foudroyants, image de toute fatalité ;
mais combien plus terrible, spectaculaire (s’il fallait la présenter) que celle
des anciens héros mourant à coup d’épée. Ces corps déchiquetés, cette rage de
la mort qui a besoin pour s’exercer du
grincement des freins, du choc du fer, du bris des glaces, du feu parfois,
donne d’elle l’image irrémissible qui la mue en destin. Mais il se joint
presque toujours dans la plupart des récits, une idée ou un sentiment
d’injustice et aussi de responsabilité initiale, d’engrenage que peut-être on
eût pu éviter : image exacte du destin qui n’est destin que parce qu’à un
moment ou à un autre on déclenche le mécanisme qui y mène. Dans les tragédies
grecques, les victimes sont toujours averties – par un oracle en général – de
ce qui les attend si elles passent outre aux interdits. Nos oracles aujourd’hui
s’appellent Prévention routière (et dans le cas des morts prévus chaque
week-end, Prophétie routière). Aussi, cette notion de faute, de responsabilité possibles, de défi jeté aux statistiques de
la mort (imprudence, inattention, inconscience des conducteurs) ouvre dans la
fatalité une faille aux pourquois de la mort sur les
routes. Jacques Lacarrière (Chemin faisant...) [1974]
Un automobiliste [...] a été contrôlé à 219 kilomètres-heure [...] sur l’autoroute A7 [...] dans la Drôme. [...] Il circulait au
volant d’une Porsche, alors que son permis avait été annulé en juillet suite à
plusieurs infractions au Code de la route.
Journal Sud-Ouest du 09/09/2003
Une bagnole ? Fi !
Je ne marcherais plus, plus du tout, plus de joyeuses grimpettes dans les
escaliers du métro, plus de longues marches dans la nuit depuis l’autobus, plus
de rossignol, plus de hibou… On ne marche que si l’on est forcé de marcher.
J’étais très sincèrement convaincu de la nocivité des moteurs, je haïssais leur
puanteur et leurs pétarades, je méprisais les esclaves de la boîte en tôle,
leur geste avachi pour lancer le moteur et, du même doigt, ouvrir le robinet à
sirop de la radio de bord. Je n’avais donc pas de voiture, je n’en sentais pas
le besoin et, oui, bon, j’avais surtout une trouille intense de me lancer pour
la première fois sur la route.
Cavanna (les yeux plus
gros que le ventre)
les
Jacky jusqu’où vont-ils ?
LA ROUTE TUE. En 2000, nombre de tués par million
d’habitants, en Europe.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Royaume-Uni 59,9
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx France : 136,4
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Portugal : 210,2
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